Cette erreur provoque des cloques dans la peinture

Cette erreur provoque des cloques dans la peinture

Vous venez de finir un mur bien lisse, vous avez respecté le temps de séchage, la couleur est parfaite … et pourtant, quelques heures ou quelques jours plus tard, des bulles apparaissent sous la peinture. Ces cloques (ou boursouflures) sont l’un des défauts les plus frustrants, car ils ruinent rapidement un résultat qui semblait impeccable. Ce phénomène fait partie des erreurs courantes qui ruinent souvent la peinture des murs, malgré tous vos efforts.

Dans la grande majorité des cas, le coupable est le même : l’humidité emprisonnée (dans le support, sous une sous-couche inadaptée ou derrière un film de peinture trop “fermé”). Une erreur de préparation, souvent invisible à l’œil nu, suffit : peindre sur un mur qui n’est pas parfaitement sec ou qui “respire” mal. Pour éviter ces désagréments, il est crucial de connaître les erreurs à éviter lors de vos travaux de peinture.

Pourquoi la peinture fait des cloques : le mécanisme

Une cloque se forme quand la peinture perd son adhérence localement et se soulève. L’air, la vapeur d’eau ou des solvants résiduels créent une pression sous le film de peinture. À la moindre faiblesse d’accrochage, comme une couche trop chargée, la peinture se décolle et forme une bulle.

Ce phénomène est souvent lié à deux facteurs combinés :

  • Un support humide (mur, enduit, plâtre, bois) ou sujet aux remontées d’humidité.
  • Une peinture trop filmogène ou une sous-couche inadaptée qui bloque l’évacuation de la vapeur d’eau.

L’erreur n°1 : peindre sur un support “sec en surface” mais humide en profondeur

C’est l’erreur la plus fréquente. Un mur peut paraître sec au toucher, tout en contenant encore de l’humidité. C’est courant après :

  • un lessivage abondant (mur de cuisine, salle de bains) mal séché ;
  • un dégât des eaux, une infiltration ancienne, une condensation régulière ;
  • un enduit de rebouchage/lissage, ou un ratissage complet ;
  • des travaux sur plâtre frais, placo récemment posé, ou maçonnerie récente.

Quand vous appliquez la peinture, vous créez un film. Si l’humidité emprisonnée cherche à sortir, elle pousse sous le film, et la cloque apparaît. Plus la peinture est “fermée” (certains acryliques très couvrants, ou peintures brillantes), plus le risque augmente.

Le piège des temps de séchage “théoriques”

Sur un pot, on lit souvent “sec au toucher en 1 h” et “recouvrable en 6 h”. Mais ce sont des valeurs données pour 20°C et 50% d’humidité, sur support sain. Dans un logement mal ventilé, en hiver, ou sur un mur qui a bu de l’eau, ces délais explosent. Résultat : vous enchaînez les couches trop vite et vous enfermez l’humidité entre les couches.

Comment vérifier si le mur est vraiment sec

Avant de repeindre une zone qui a cloqué (ou avant de peindre une pièce “à risque”), il faut objectiver le niveau d’humidité.

  • Test simple au film plastique : scotchez un morceau de film alimentaire (ou un sac plastique) sur le mur, bien étanche, sur 24 h. Si de la condensation apparaît derrière, le support relargue de l’eau : il n’est pas prêt.
  • Hygromètre d’ambiance : si la pièce reste à 65–75% d’humidité, ne vous fiez pas au toucher. Ventilation et chauffage doivent stabiliser l’air avant peinture.
  • Humidimètre (idéal) : sur plâtre/maçonnerie, un humidimètre permet de trancher. C’est l’outil le plus fiable si vous avez eu un sinistre ou des remontées capillaires.

Autres causes fréquentes (et souvent associées à l’humidité)

1) Sous-couche inadaptée ou absence de primaire

Sur un support poreux (enduit, plâtre, placo), la peinture peut sécher trop vite en surface, mal s’accrocher et emprisonner des zones humides. À l’inverse, sur un support fermé (ancienne glycérophtalique, mur satin/brillant), une peinture acrylique sans pont d’adhérence peut mal accrocher et cloquer.

2) Peinture appliquée trop épaisse

Une couche trop chargée forme un film épais : la surface “croûte” alors que dessous reste humide. Là encore, la pression se crée et la cloque apparaît, surtout près des angles, des reprises, ou derrière des meubles où l’air circule moins.

3) Peindre dans une pièce mal ventilée

Sans renouvellement d’air, l’eau issue de la peinture (et du mur) reste dans la pièce, ralentit le séchage, favorise la condensation. Les salles de bains sans VMC, cuisines, buanderies et chambres peu aérées sont des candidates classiques.

4) Support contaminé (gras, savon, moisissures)

Dans certaines pièces, un film gras ou savonneux empêche l’adhérence. La peinture tient “comme elle peut”, puis se décolle en bulles. Les moisissures sont un double problème : elles indiquent souvent une humidité chronique, et elles dégradent l’accrochage.

Que faire si des cloques apparaissent : la méthode qui marche

La tentation est grande de percer les bulles et de repeindre par-dessus. Cela tient rarement. Pour réparer durablement, il faut traiter la cause (souvent l’humidité) et reconstruire les couches dans le bon ordre.

Étape 1 : gratter jusqu’au support sain

Avec un couteau à enduire ou un grattoir triangulaire, ouvrez les cloques et retirez tout ce qui se décolle. Ne vous limitez pas à la bulle : élargissez jusqu’à atteindre une peinture bien adhérente.

Étape 2 : laisser sécher (vraiment) et ventiler

Si la zone est humide, accélérez le séchage :

  • aérer régulièrement (courants d’air si possible) ;
  • chauffer modérément et en continu plutôt que par à-coups ;
  • utiliser un déshumidificateur en cas de forte humidité ;
  • éloigner les meubles du mur.

Étape 3 : nettoyer et assainir

Si la zone est en cuisine/salle de bains :

  • dégraissez (lessive type Saint-Marc ou dégraissant adapté), rincez et laissez sécher ;
  • si traces noires : traitement fongicide, puis séchage complet.

Étape 4 : réparer l’enduit, poncer, dépoussiérer

Rebouchez si nécessaire, lissez, poncez au grain adapté (120–180), puis dépoussiérez soigneusement. Une poussière résiduelle suffit à fragiliser l’accrochage et à favoriser un nouveau défaut.

Étape 5 : appliquer le bon primaire

C’est ici que beaucoup “gagnent du temps” et le perdent ensuite. Choisissez :

  • Primaire fixateur si le support est farinant ou très poreux.
  • Primaire d’accrochage si l’ancien support est satin/brillant ou anciennement peint en glycérophtalique.
  • Primaire anti-humidité / anti-taches si vous avez eu des auréoles et un risque de remontées (après diagnostic, car ce n’est pas une solution magique).

Étape 6 : repeindre en couches fines

Deux couches fines valent mieux qu’une épaisse. Respectez les délais réels : si la pièce est humide ou froide, doublez le temps indiqué. Et évitez de fermer la pièce sans ventilation pendant le séchage.

Comment éviter les cloques dès le départ

  • Mesurez ou testez l’humidité avant peinture, surtout après des travaux d’enduit ou un dégât des eaux.
  • Ventilez : VMC fonctionnelle, fenêtres entrouvertes par périodes, circulation d’air derrière les meubles.
  • Ne surchargez pas le rouleau : étirez la peinture, croisez, puis lissez.
  • Utilisez une peinture adaptée à la pièce : en salle de bains, privilégiez des peintures prévues pour atmosphères humides (et un support sain).
  • Respectez la chaîne complète : nettoyage, séchage, primaire, finition.

Le signal d’alerte à ne pas ignorer : cloques + taches + odeur

Si les cloques reviennent, si vous voyez des auréoles jaunâtres, des traces de salpêtre, ou si une odeur de renfermé persiste, la peinture n’est pas le problème principal. Il peut s’agir :

  • de remontées capillaires (mur bas, rez-de-chaussée) ;
  • d’une infiltration (façade, toiture, joint de douche) ;
  • d’une condensation structurelle (pont thermique, absence de ventilation).

Dans ces cas, repeindre revient à mettre un pansement sur une fuite. Traitez d’abord la source d’humidité, puis refaites le système peinture sur un support stabilisé.

À retenir

La plupart des cloques viennent d’une même erreur : peindre trop tôt sur un support encore humide, ou bloquer l’évacuation de cette humidité avec des couches trop épaisses ou mal choisies. En prenant le temps de vérifier la sécheresse, de ventiler, et d’appliquer un primaire adapté, on évite 90% des problèmes … et on s’épargne surtout la corvée de grattage.

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