Pourquoi les portes en bois gonflent en hiver

Pourquoi les portes en bois gonflent en hiver

Le vrai coupable, c’est l’humidité

Chaque hiver, c’est la même scène : la porte qui fermait parfaitement en octobre commence à frotter au sol, à accrocher sur le bâti, voire à refuser de se verrouiller. On force un peu, on se dit que “le bois travaille”, et on repousse le problème. Pourtant, une porte en bois qui gonfle n’est pas une fatalité. Dans la majorité des cas, ce phénomène a une cause très précise : l’humidité (et la manière dont elle circule dans la maison en saison froide), un sujet que nous abordons dans notre article sur éviter que les portes grincent.

Comprendre pourquoi une porte gonfle en hiver permet d’éviter les mauvais remèdes (rabotage trop agressif, ponçage au hasard, réglages répétés) et de traiter le problème à la source. En effet, une porte qui gonfle aujourd’hui peut aussi se déformer demain, se fendre, ou abîmer ses gonds et sa serrure. Pour prévenir ces désagréments, il est essentiel de bien isoler une porte d’entrée contre le froid, ce qui contribue à stabiliser son état tout en améliorant le confort thermique de votre maison.

Le bois est “vivant” : il échange de l’eau avec l’air

Le bois est un matériau hygroscopique : il absorbe et relâche naturellement de la vapeur d’eau en fonction de l’humidité de l’air. Cette capacité est un avantage (le bois participe au confort hygrométrique), mais elle a une conséquence : sa dimension varie.

Quand l’air est plus humide, le bois gagne de l’eau dans ses fibres, et il gonfle. À l’inverse, quand l’air est sec, il rend de l’eau et il se rétracte. Ce phénomène concerne tous les bois : chêne, pin, hêtre, exotique… La différence se joue surtout sur l’intensité et la vitesse à laquelle le bois réagit.

Pourquoi l’hiver favorise le gonflement ?

On associe souvent l’hiver à un air “sec”, car l’air froid contient moins de vapeur d’eau. Mais à l’intérieur de la maison, c’est plus subtil :

  • On chauffe : cela modifie les circulations d’air et peut créer des zones de condensation sur les parois froides.
  • On aère parfois moins : l’humidité produite au quotidien (cuisine, douches, linge qui sèche) reste dans le logement.
  • Les écarts de température augmentent entre pièces chauffées et zones plus froides (entrée, couloir, garage, cage d’escalier).
  • Les infiltrations d’air froid autour d’une porte d’entrée ou d’un local non isolé peuvent refroidir le dormant et faire apparaître de l’humidité “piégée”.

Résultat : une porte en bois peut se retrouver dans une ambiance plus humide qu’en été, ou subir de fortes variations localisées. Et le bois réagit immédiatement.

Les 5 causes les plus fréquentes d’une porte en bois qui gonfle en hiver

1) Une hygrométrie trop élevée dans la maison

Le cas le plus courant : l’air intérieur dépasse régulièrement 60% d’humidité relative en hiver. Le bois absorbe, la porte prend du volume (souvent en largeur), et elle se met à frotter.

Les signaux qui ne trompent pas : buée sur les vitres le matin, odeur persistante d’humidité, moisissures dans les angles, sensation de “froid humide”.

2) Une aération/VMC insuffisante ou mal réglée

Une VMC encrassée, des bouches obstruées, ou une extraction trop faible en salle de bain et cuisine suffisent à maintenir une humidité élevée. Même sans VMC, une aération irrégulière en hiver favorise la stagnation de vapeur d’eau. Les portes intérieures (chambre, salle de bain, cuisine) peuvent alors gonfler, surtout si elles sont en bois massif ou plaquées bois.

3) Une porte exposée à une zone froide (entrée, garage, mur mal isolé)

Une porte d’entrée en bois ou une porte entre la maison et un garage non chauffé subit un gradient thermique important. Le côté “froid” peut rester plus humide (condensation), tandis que l’autre côté est chauffé. Cette différence de conditions entre les deux faces favorise :

  • le gonflement localisé (souvent sur un chant ou en bas de porte),
  • le voilage (la porte se “banane”),
  • les frottements intermittents selon la météo.

4) Une finition insuffisante : chants et bas de porte mal protégés

Le bois gonfle d’autant plus vite que ses fibres sont exposées. Or, beaucoup de portes anciennes ou recoupées ont un point faible : les chants, et surtout le bas de porte. Si ces zones ne sont pas correctement vernis/peintes, elles absorbent l’humidité ambiante comme une éponge (et encore plus en cas de lavage de sol, tapis humide, neige fondue à l’entrée).

5) Une infiltration d’eau, même légère

Un joint extérieur fatigué, une fuite minime, une condensation persistante sur le seuil ou un pont thermique peuvent suffire à humidifier régulièrement le bas de la porte ou le dormant. Dans ce cas, le gonflement est souvent asymétrique : ça frotte d’un seul côté, ou uniquement par temps de pluie suivie d’un coup de froid.

Comment identifier précisément où la porte gonfle

Avant de sortir le rabot, il faut localiser le point de contact et comprendre si le problème vient de la porte ou de l’huisserie (bâti) :

  • Test du papier : fermez la porte sur une feuille. Si elle se coince fortement à un endroit, vous avez une zone de pression.
  • Craie ou crayon : frottez légèrement de la craie sur le chant de la porte, fermez/ouvrez plusieurs fois. La trace se dépose sur la zone qui touche.
  • Observer les jours : un jour irrégulier (large en haut, serré en bas) évoque plutôt un affaissement de gonds ou un voilage.
  • Mesurer l’humidité : un petit hygromètre (10–15 €) vous dit rapidement si l’air est trop humide.

Que faire (et ne pas faire) quand une porte gonfle en hiver

À faire en priorité : stabiliser l’humidité

Si votre hygrométrie est élevée, commencez par là. Une porte qui gonfle est souvent un symptôme, pas la cause.

  • Aérez 5 à 10 minutes par jour en ouverture franche, même en hiver.
  • Vérifiez la VMC : bouches propres, entrées d’air non bouchées, extraction fonctionnelle.
  • Évitez de sécher le linge sans extraction efficace.
  • Utilisez un déshumidificateur en cas de pic d’humidité (pièces humides, maison peu ventilée).

Une fois l’humidité redevenue normale (idéalement 40–55% en hiver), le bois peut revenir partiellement à sa dimension initiale.

À faire : protéger le bois, surtout aux endroits sensibles

Si le bas de porte ou les chants sont bruts ou mal protégés, une remise en état de finition est souvent durable :

  • ponçage léger,
  • application d’un primaire si nécessaire,
  • 2 couches de vernis/peinture adaptés,
  • insister sur les chants et le bas de porte.

Pour une porte d’entrée, privilégiez une finition extérieure résistante aux variations climatiques (lasure/vernis marin selon le système, ou peinture microporeuse).

À éviter : raboter “tant que ça passe”

Le rabotage est parfois nécessaire, mais il doit être la dernière étape. Si vous rabotez en plein hiver quand le bois est au maximum de gonflement :

  • au printemps la porte risque d’avoir trop de jeu,
  • les courants d’air augmentent,
  • la serrure peut tomber en face du gâchement de manière moins précise.

Si vous devez ajuster, faites-le progressivement (1 mm, pas 5), et protégez immédiatement la zone mise à nu avec une finition.

Et si ce n’est pas le bois ? Les autres causes à vérifier

Parfois, la porte ne gonfle pas : elle se dérègle.

  • Gonds qui se desserrent : une porte lourde s’affaisse et frotte en bas côté serrure.
  • Jeu dans les paumelles : usure, vis trop courtes, bois abîmé.
  • Bâti qui bouge : dans une maison ancienne, une légère variation peut suffire à réduire le jeu.
  • Joint trop épais remplacé récemment : on force pour fermer, la porte marque et “accroche”.

Un simple resserrage, le remplacement de vis par des vis plus longues, ou un réglage de paumelles (quand elles sont réglables) peut régler le problème sans toucher au bois.

Prévenir le gonflement : les bonnes habitudes qui évitent les frottements chaque hiver

  • Maintenir une humidité raisonnable (hygromètre en surveillance en hiver).
  • Assurer une ventilation continue (VMC entretenue, grilles d’entrée d’air libres).
  • Protéger toutes les faces d’une porte en bois : face intérieure, extérieure, chants, haut et bas.
  • Surveiller le bas de porte : tapis mouillé, serpillière, neige fondue = absorption rapide si le bois est nu.
  • Éviter les chocs thermiques : si possible, limiter les différences extrêmes entre deux pièces séparées par une porte en bois (ex. maison/garage).

Quand faut-il s’inquiéter ?

Si la porte gonfle au point de se bloquer, si le bois se déforme visiblement (voile important), ou si vous détectez des traces d’eau, ne vous contentez pas de raboter. Cela peut révéler une infiltration, un pont thermique sévère ou une humidité structurelle. Traiter la cause (joint, seuil, isolation, ventilation) permettra de préserver la porte… et souvent le reste de la menuiserie.

En clair, une porte en bois qui gonfle en hiver n’est pas “capricieuse” : elle réagit à son environnement. En corrigeant l’humidité et en protégeant correctement les zones sensibles, on retrouve la plupart du temps une porte qui ferme sans forcer, durablement.

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