Comment protéger une prise extérieure de l’humidité

Pourquoi une prise extérieure craint autant l’humidité
Une prise installée dehors n’affronte pas seulement la pluie. Elle subit aussi les projections d’arrosage, les ruissellements sur les façades, le gel, la condensation du matin, et parfois même la neige. À l’intérieur d’un boîtier, l’humidité peut stagner, oxyder les contacts, provoquer des déclenchements intempestifs du disjoncteur différentiel (30 mA), et dans le pire des cas créer un défaut d’isolement dangereux.
Protéger une prise extérieure, ce n’est donc pas « mettre un capuchon et oublier ». C’est un ensemble de choix : matériel adapté, emplacement intelligent, câblage propre et contrôle régulier. La bonne nouvelle, c’est qu’avec quelques règles simples, on obtient une installation fiable et durable.
Choisir le bon niveau de protection : IP et IK
La première barrière contre l’eau, c’est la qualité de l’appareillage. Sur l’emballage des prises extérieures, vous verrez presque toujours un indice IP (étanchéité) et parfois un indice IK (résistance aux chocs).
- IP44 : protégé contre les projections d’eau. Correct sous un auvent, une terrasse couverte, ou un emplacement très abrité.
- IP55 / IP65 : meilleure protection contre les jets d’eau et la poussière. Recommandé si la prise peut recevoir de l’arrosage ou un nettoyage au jet, ou si elle est plus exposée.
- IK (ex. IK07, IK08) : utile en extérieur pour résister aux coups (outils, mobilier de jardin, ballon…).
Dans un jardin, viser au minimum IP44 est un bon départ, mais dès qu’il y a exposition réelle, IP55 apporte une tranquillité appréciable. Et pour une zone proche d’un point d’eau (arrosage, bassin, spa), mieux vaut surdimensionner la protection.

Bien placer la prise : l’astuce qui évite 80% des problèmes
Avant même de parler de joints et de silicone, le positionnement compte énormément. La plupart des infiltrations viennent d’un ruissellement qui s’invite par le haut de la prise, ou d’eau qui reste piégée derrière le boîtier.
Choisir un endroit abrité
Si c’est possible, installez la prise sous un débord de toit, un auvent, une avancée, ou sur un mur non exposé aux intempéries dominantes. Une prise « bien protégée par l’architecture » vieillira toujours mieux qu’une prise ultra-étanche posée en pleine zone battante.
Respecter une hauteur raisonnable
Évitez les prises trop basses, directement dans les éclaboussures et la boue. Sans entrer dans des chiffres stricts, une prise placée à une hauteur confortable (souvent autour de la hauteur d’interrupteur/prise intérieure) limite les risques de projections, d’immersion accidentelle et de choc.
Éviter les pièges à eau
- Ne la placez pas au point le plus bas d’un mur où convergent les ruissellements.
- Évitez l’arrière d’un pot de fleur, d’une jardinière ou d’un arrosage automatique qui pulvérise en continu.
- Si la façade est très irrégulière (pierres, crépi grossier), prévoyez une platine/entretoise pour garantir une bonne assise.
Boîtier, capot et clapet : les détails qui changent tout
Une prise extérieure efficace, c’est généralement une prise avec clapet à ressort et joint périphérique. Mais dès qu’on laisse une fiche branchée, beaucoup de modèles perdent leur étanchéité. C’est un point souvent oublié.

Prise étanche « standard » ou prise avec boîtier de protection
- Prise étanche avec clapet : très bien pour un usage ponctuel (brancher, utiliser, débrancher).
- Boîtier de protection pour prise branchée : idéal si vous laissez un appareil dehors (robot tondeuse, guirlande, pompe, éclairage). Ces boîtiers permettent de fermer le capot même avec la fiche en place, en conservant un bon niveau d’étanchéité.
Si vous avez déjà vécu le scénario « guirlande branchée tout l’hiver » ou « pompe qui déclenche après une pluie », le boîtier pour prise branchée est souvent LA solution la plus efficace.
Assurer l’étanchéité à l’arrière : joint, mur et presse-étoupe
Beaucoup de prises affichent un bel IP… mais l’eau entre par derrière. La cause : un montage sur un mur irrégulier, un joint écrasé, un trou de passage non protégé, ou une entrée de câble mal réalisée.
Soigner la surface de pose
Sur un crépi très granuleux, le joint ne plaque pas correctement. La bonne méthode consiste à :
- poser une platine de montage adaptée, ou une rehausse prévue par le fabricant ;
- ou lisser localement la zone (avec une réparation d’enduit) pour obtenir un plan d’appui correct.
Utiliser une entrée de câble étanche
Pour une prise en saillie, l’entrée de câble doit se faire via un presse-étoupe ou un passage équipé d’un joint. Évitez les câbles qui « flottent » dans un trou grossier : c’est un appel d’eau direct. Un presse-étoupe bien serré maintient le câble et empêche l’humidité de remonter à l’intérieur du boîtier.
Créer une “goutte d’eau” sur le câble
Détail simple mais très efficace : faites en sorte que le câble forme une petite boucle vers le bas avant d’entrer dans la prise. Ainsi, l’eau qui coule le long du câble tombe au point bas de la boucle au lieu d’être guidée vers le boîtier. C’est un principe utilisé partout en électricité extérieure.
Éviter le “tout silicone” : quand en mettre, et quand s’abstenir
On pense souvent qu’un cordon de silicone règle tout. En réalité, mal utilisé, il peut piéger l’eau à l’intérieur au lieu de l’empêcher d’entrer.
Bon usage
- Un fin joint de mastic (extérieur) peut aider sur une façade très irrégulière, en complément d’un joint correct.
- Si vous mastiquez, privilégiez les côtés et le haut, en restant raisonnable.
À éviter
- Bourrer tout le pourtour et le bas : l’eau qui s’infiltre malgré tout ne peut plus ressortir.
- Recouvrir des parties démontables : vous compliquerez la maintenance et la sécurité.
L’objectif n’est pas de “cimenter” la prise, mais de garantir un appui sain et une entrée de câble étanche.

Sécurité électrique : différentiel 30 mA et matériel adapté
Une prise extérieure doit être protégée par un dispositif différentiel 30 mA. C’est la protection indispensable en cas de fuite de courant liée à l’humidité. Si vous n’êtes pas certain de la protection en place dans votre tableau, vérifiez avant d’ajouter un point de prise dehors.
Autres points de bon sens :
- utiliser un appareillage et des boîtes conçus pour l’extérieur ;
- respecter les sections de câble et les protections (disjoncteur) adaptées au circuit ;
- si l’environnement est très humide ou proche d’un point d’eau, surdimensionner la protection mécanique et l’étanchéité.
Les erreurs fréquentes qui laissent entrer l’eau
- Prise IP44 en plein ruissellement : elle finit par prendre l’eau.
- Fiche laissée branchée sous la pluie : l’étanchéité n’est plus garantie sans boîtier spécifique.
- Câble tiré en direct dans un trou sans presse-étoupe : infiltration assurée.
- Mur irrégulier : le joint ne travaille pas, l’eau passe derrière.
- Silicone partout : l’humidité stagne, corrosion accélérée.
Check-list rapide : protéger durablement une prise extérieure
- Choisir une prise IP44 minimum (souvent IP55 conseillé en zone exposée).
- Installer la prise dans un endroit abrité quand c’est possible.
- Soigner l’appui sur le mur (platine si nécessaire).
- Utiliser un presse-étoupe ou une entrée de câble étanche.
- Créer une boucle “goutte d’eau” sur le câble.
- Si un appareil reste branché, ajouter un boîtier de protection compatible « prise branchée ».
- Vérifier la présence d’un différentiel 30 mA en amont.
Quand faut-il remplacer plutôt que bricoler
Si la prise a déjà pris l’eau, qu’elle déclenche régulièrement, que le clapet ferme mal, ou que vous voyez des traces d’oxydation, le plus sûr est souvent de remplacer l’appareillage. Une prise extérieure ne coûte pas très cher, mais un mauvais contact ou une infiltration persistante peut coûter beaucoup plus (panne d’équipement, risques électriques, dégradation de la façade).
En jardin comme sur une terrasse, une prise extérieure bien protégée se fait oublier : elle fonctionne quand on en a besoin, sans déclencher au premier orage. Et c’est exactement le but.




