Comment éviter les fissures autour des fenêtres après l’hiver

Comment éviter les fissures autour des fenêtres après l’hiver

Pourquoi les fissures apparaissent autour des fenêtres après l’hiver

Chaque fin d’hiver, c’est le même scénario : on remarque de fines lézardes au coin des fenêtres, un joint qui se décolle, une peinture qui craquelle ou un petit jour qui laisse passer l’air. Ces fissures ne sont pas toujours graves, mais elles sont rarement “juste esthétiques”. Elles signalent presque toujours un mouvement du bâtiment, un problème de jointoiement ou une infiltration d’eau qui profite des cycles gel/dégel.

Le pourtour d’une fenêtre est une zone sensible : plusieurs matériaux y cohabitent (maçonnerie, bois/PVC/alu, enduit, plâtre, mousse expansive, mastics), chacun se dilate et se contracte différemment. L’hiver accentue ce phénomène : variations de température, humidité persistante, condensation, gel, vent. Le résultat : le point faible finit par se fissurer.

Identifier le type de fissure pour agir au bon endroit

Fissure fine dans la peinture ou l’enduit intérieur

Souvent liée à un micro-mouvement de la menuiserie ou à un support mal préparé (enduit trop rigide, joint acrylique absent). C’est fréquent dans les logements chauffés avec de forts écarts jour/nuit.

Fissure entre dormant de fenêtre et mur (intérieur ou extérieur)

Elle indique généralement un joint périphérique insuffisant, vieillissant ou mal dimensionné. C’est le cas typique où l’air et l’eau peuvent s’inviter.

Fissures en escalier ou plus larges dans la maçonnerie autour de la fenêtre

À surveiller de près : cela peut être le signe d’un mouvement structurel (tassement, linteau, appui de fenêtre, maçonnerie qui travaille). Si la fissure s’élargit, traverse le mur ou dépasse 2 mm, mieux vaut demander un avis professionnel.

Les causes les plus fréquentes après l’hiver

  • Cycles gel/dégel : l’eau s’infiltre dans une micro-porosité, gèle, prend du volume, puis agrandit la fissure.

  • Condensation intérieure : en hiver, l’air chaud et humide condense sur les zones froides (tableaux, appuis), dégrade la peinture et fragilise les joints.

  • Joint extérieur fatigué : silicone craquelé, mastic qui se décolle, raccord d’enduit fissuré.

  • Pose de fenêtre sans joint adapté : manque de fond de joint, mousse expansive exposée, absence de membrane d’étanchéité.

  • Dilatation différentielle : l’alu, le PVC, le bois et la maçonnerie ne bougent pas pareil, surtout sur les façades très ensoleillées en journée puis froides la nuit.

  • Ruissellement et appui de fenêtre : une goutte d’eau qui revient sous l’appui, un rejingot abîmé ou un écoulement mal géré finit par charger la zone en humidité.

Les bons gestes à faire dès la fin de l’hiver (avant de réparer)

1) Faire une inspection simple, mais complète

Choisissez une journée sèche. À l’extérieur, vérifiez le raccord entre le dormant et la façade, l’état des joints, la présence de mousse visible, les microfissures dans l’enduit et l’appui de fenêtre (pente, fissures, éclats). À l’intérieur, cherchez des craquelures, cloques de peinture, traces d’humidité au bas des tableaux.

2) Vérifier s’il y a un courant d’air

Un test rapide : passez la main près du pourtour par temps venteux, ou utilisez une feuille de papier fine. Si vous sentez de l’air, il ne faut pas se contenter d’un enduit de rebouchage : c’est l’étanchéité qui est en cause. Pour remédier à ce problème, il est essentiel d’isoler ses fenêtres.

3) Contrôler l’humidité

Si vous observez de la condensation sur les vitrages ou les tableaux, l’humidité intérieure est probablement trop élevée. Réparer sans traiter la cause revient à recommencer l’an prochain.

Comment éviter les fissures autour des fenêtres : solutions durables

Soigner l’étanchéité extérieure (priorité n°1)

Les fissures reviennent quand l’eau continue d’entrer. Une étanchéité extérieure bien faite protège la maçonnerie, limite le gel/dégel et stabilise les supports.

  • Refaire les joints périphériques : retirez les zones décollées, nettoyez et dégraissez, puis appliquez un mastic de façade adapté (souvent un mastic polymère/MS ou PU, plus durable qu’un silicone sanitaire).

  • Utiliser un fond de joint : indispensable si le joint est large. Il évite de “remplir en profondeur”, limite la consommation de mastic et permet une bonne élasticité (règle des 2 faces d’adhérence, pas 3).

  • Respecter les conditions de pose : support sec, température compatible, pas de pluie annoncée, lissage soigné.

Ne pas laisser la mousse expansive à nu

Sur certaines poses, on voit la mousse PU en périphérie. Exposée aux UV et à l’humidité, elle se dégrade, se rétracte, et crée des entrées d’air. Elle doit être protégée par un couvre-joint, un enduit approprié ou un système d’étanchéité (bande, membrane, mastic) selon la configuration.

Traiter les microfissures de façade avant qu’elles ne s’ouvrent

Une microfissure dans l’enduit extérieur, surtout au-dessus ou sur les côtés d’une fenêtre, agit comme une écope. Nettoyez, ouvrez légèrement la fissure si nécessaire, puis utilisez un produit adapté (mastic de façade ou enduit souple compatible). Sur façades très exposées, un revêtement souple (type peinture élastique) peut aider à limiter la réapparition.

À l’intérieur : privilégier les joints acryliques et les matériaux souples

Pour les fissures entre menuiserie et plâtre, l’ennemi est l’enduit trop rigide. La bonne approche :

  • Gratter la zone fissurée et retirer tout ce qui n’adhère pas.

  • Dépoussiérer, puis appliquer un joint acrylique peintable (souple) entre le dormant et le mur.

  • Lisser, laisser sécher, puis repeindre.

Si la fissure est un peu plus large, une bande (calicot) noyée dans un enduit peut s’imposer sur le tableau, mais le raccord dormant/mur doit rester souple : c’est lui qui encaisse les mouvements.

Limiter la condensation pour réduire les tensions et les dégradations

Une bonne hygiène d’air évite que le bord des fenêtres reste humide des semaines entières, ce qui fragilise peintures et joints.

  • Aérez 5 à 10 minutes par jour, même en hiver.

  • Vérifiez la VMC : bouches propres, entrées d’air non bouchées, débit correct.

  • Surveillez l’humidité : viser 40–60% avec un petit hygromètre.

  • Évitez de sécher du linge sans ventilation.

Contrôler l’appui de fenêtre et l’écoulement de l’eau

L’eau doit s’évacuer vers l’extérieur, sans revenir sous la fenêtre. Vérifiez :

  • La pente de l’appui (pas d’eau stagnante).

  • Le rejingot/rupture de goutte : s’il est abîmé, l’eau peut remonter par capillarité.

  • Les fissures sur l’appui : elles doivent être traitées avec un produit compatible extérieur.

Quand s’inquiéter et appeler un pro

Quelques signaux doivent vous faire sortir du simple “rebouchage” :

  • Fissure qui s’élargit d’une saison à l’autre, ou dépasse environ 2 mm.

  • Fissure en escalier dans la maçonnerie autour de l’ouverture.

  • Infiltration visible (auréoles, moisissures, enduit qui se fripe, odeur d’humidité).

  • Difficulté à ouvrir/fermer la fenêtre (déformation, affaissement, jeu anormal).

Un menuisier peut vérifier la pose et les jeux, un façadier l’enduit et les points d’eau, et un maçon ou un bureau d’étude peut évaluer un mouvement structurel si nécessaire.

La check-list “anti-fissures” à refaire chaque printemps

  • Inspecter les joints extérieurs : pas de craquelure, pas de décollement.

  • Contrôler l’appui de fenêtre : pas de fissure, écoulement correct.

  • Traiter immédiatement toute microfissure de façade proche des menuiseries.

  • À l’intérieur, maintenir un joint souple au raccord dormant/mur (acrylique peintable).

  • Surveiller l’humidité et la ventilation (VMC, entrées d’air).

À retenir

Éviter les fissures autour des fenêtres après l’hiver, ce n’est pas seulement reboucher : c’est surtout empêcher l’eau et l’air de profiter des mouvements saisonniers. En priorisant l’étanchéité extérieure, en gardant des raccords intérieurs souples et en limitant la condensation, vous stabilisez durablement la zone la plus fragile du mur. Un contrôle rapide au printemps, et des réparations faites au bon produit, suffisent souvent à éviter que la petite fissure ne devienne un vrai problème l’hiver suivant.

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